Rachat de trimestres
Compléter sa durée d'assurance par le rachat d'années d'études supérieures ou d'années incomplètes, sous conditions et avec déductibilité fiscale.
Sommaire
Pour atteindre la durée d'assurance requise (172 trimestres, soit 43 ans, à partir de la génération 1966 ; pour la génération 1965, la suspension de la réforme de 2023 par la LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, effet au 1/9/2026 — ramène cette durée à 170 trimestres pour les personnes nées de janvier à mars 1965 et 171 trimestres pour celles nées d'avril à décembre 1965) ou éviter une décote, il est possible de racheter jusqu'à 12 trimestres.
Le coût est élevé mais intégralement déductible du revenu imposable, au titre de l'article 83, 1° du CGI (cotisations de sécurité sociale obligatoires) — et non de l'article 163 quatervicies CGI qui régit l'épargne retraite (PER/PERP) : les deux dispositifs sont distincts et cumulables.
Les deux types de rachat (Fillon)
_Rappel — pension de base = SAM × taux × (durée validée / durée requise). Le SAM (moyenne des 25 meilleures années) n'intègre aucune durée d'assurance : aucun rachat ne modifie le SAM._
a) Rachat au titre du taux plein uniquement : annule/réduit la décote (améliore le taux), mais n'améliore pas le coefficient de proratisation (durée validée / durée requise).
b) Rachat au titre du taux plein ET de la durée : améliore le taux ET le coefficient de proratisation (durée validée prise en compte). Plus cher mais plus rentable quand il manque des trimestres au titre de la durée — sa rentabilité supérieure vient du coefficient de proratisation, et non du SAM.
Périmètre du rachat :
- Années d'études supérieures (diplôme requis) : max 12 trimestres, sans condition de délai
- Années civiles incomplètes : max 12 trimestres, sous conditions
- Cumul : 12 trimestres maximum sur l'ensemble des dispositifs
Tarifs et déductibilité
Le coût dépend de 3 paramètres : âge au rachat, revenu professionnel des 3 dernières années, option choisie (taux seul ou taux + durée).
Barème CNAV : le coût d'un trimestre varie d'environ 1 055 € à 6 684 € selon l'âge, le niveau de revenus et l'option retenue (le barème officiel est publié par la CNAV et croît avec l'âge et les revenus ; l'option « taux + durée » est plus chère que l'option « taux seul »).
Utiliser le simulateur officiel de l'Assurance retraite pour obtenir le tarif exact de votre situation.
Abattement "années d'études" (réforme 2023) : pour le rachat de trimestres d'études supérieures, un abattement forfaitaire s'applique sur le tarif : 670 € par trimestre (option taux seul) ou 1 000 € par trimestre (option taux + durée), dans la limite de 4 trimestres.
La demande est possible jusqu'au 31 décembre de l'année du 40ᵉ anniversaire (l'ancienne fenêtre de 10 ans après la fin des études a été remplacée).
Déductibilité : le coût est intégralement déductible du revenu imposable, sans plafond spécifique (art. 83, 1° du CGI).
La déduction s'opère en corrigeant à la baisse les montants préremplis de la rubrique « Traitements, salaires, pensions, rentes » ; à défaut de salaire ou de pension l'année du versement, le montant se reporte en case 6DD de la 2042-C (« charges et imputations diverses »). Ce n'est pas la case 6GS, réservée à l'épargne retraite PER (art.
163 quatervicies) : le rachat ne s'impute donc pas sur le plafond PER. Pour un TMI à 41 %, un trimestre à 5 200 € coûte réellement 3 068 €.
Calculer la rentabilité
Méthode du break-even :
- Coût net du rachat = coût brut × (1 − TMI)
- Gain mensuel de pension = trimestres rachetés × valeur du trimestre dans la pension
- Break-even = coût net / (gain mensuel × 12)
Exemple :
- Salarié 55 ans, TMI 41 %, rachète 4 trimestres pour 24 000 € bruts
- Coût net après déduction : 24 000 × 0,59 = 14 160 €
- Gain de pension : +4 trimestres = +2,3 % de pension annuelle, soit ~50 €/mois sur une pension de 2 200 €
- Break-even : 14 160 / (50 × 12) = ~23,6 ans de perception nécessaires
Si la décote est annulée (gain >> 2,3 %), le break-even peut tomber à 12-15 ans.
Quand racheter ?
Plus tôt = moins cher : le barème CNAV croît avec l'âge (et avec le niveau de revenus). À revenus équivalents, un rachat à 40 ans coûte sensiblement moins cher qu'à 60 ans.
Mais : plus l'horizon est lointain, plus le risque (réforme, espérance de vie) augmente. Stratégie recommandée :
- 40-50 ans : rachat opportuniste si pic de revenu (TMI 41/45 %)
- 55-62 ans : rachat ciblé pour annuler une décote identifiée sur le relevé carrière
- Après 62 ans : rarement rentable sauf cas spécifiques (carrière longue, taux plein imminent)
Références légales
Rachat de trimestres (dispositif Fillon)
Modalités réglementaires du versement pour la retraite (barème du rachat)
Déductibilité sans limite du rachat (cotisations de sécurité sociale obligatoires)
Stratégies d'optimisation
Cibler les années d'études supérieures avant 40 ans
IntermédiaireL'abattement forfaitaire études (670 €/trimestre en option taux seul, 1 000 €/trimestre en option taux + durée, max 4 trimestres) n'est ouvert que jusqu'au 31 décembre de l'année du 40ᵉ anniversaire (réforme 2023).
Synchroniser avec un pic de TMI
AvancéRacheter une année où le TMI passe à 41 % ou 45 % (bonus, plus-value, prime exceptionnelle) maximise l'effet de la déduction.
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