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FiscalitéAvancé·
12 min de lecture

CDHR — Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus 2025-2026

Nouveau mécanisme garantissant un taux effectif minimum de 20 % pour les RFR > 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), avec décote anti-effet de seuil jusqu’à 330 000 € / 660 000 €.

Données vérifiées au 10 juin 2026
Fiscalité 2026Art. 224 CGILFI 2025 art. 10 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025)LF 2026 art. 103 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026)+1

La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est une imposition plancher introduite par l'art. 10 de la loi n° 2025-127 du 14/02/2025 (LFI 2025) et reconduite par la LF 2026 (art. 103, loi n° 2026-103 du 19/02/2026).

Elle garantit un taux effectif d'imposition minimum de 20 % pour les contribuables dont le Revenu Fiscal de Référence (RFR) dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).

Son principe est simple : si l'ensemble de vos impôts sur le revenu (IR + CEHR) représente moins de 20 % de votre RFR, la CDHR comble l'écart — avec un mécanisme de décote (Art. 224 CGI) pour éviter un effet de seuil brutal au premier euro au-dessus du seuil, applicable tant que le RFR n'excède pas 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple).

La CDHR ne touche pas les contribuables dont le taux effectif est déjà ≥ 20 %. Elle cible principalement les profils à revenus de capitaux élevés (dividendes, plus-values) ayant réduit leur imposition via des niches fiscales, le PFU à 31,4 %, ou des schémas de report.

1. Qui est concerné ?

250 000 €

Seuil RFR — célibataire

Veuf, séparé, divorcé : même seuil

500 000 €

Seuil RFR — couple

Mariage ou PACS avec imposition commune

20 %

Taux effectif minimum garanti

Calculé sur le RFR total

Le RFR n'est pas une case de la déclaration 2042 : il est calculé par l'administration et figure sur votre avis d'imposition. Il inclut l'ensemble des revenus (salaires, dividendes, plus-values, revenus fonciers, BNC, BIC...) avant déduction des niches fiscales mais après les abattements légaux (10 % salaires, 40 % dividendes si option barème, etc.).

Profils typiquement concernés :

  • Dirigeants ou actionnaires percevant des dividendes importants taxés au PFU
  • Investisseurs ayant réalisé de fortes plus-values mobilières ou immobilières
  • Contribuables ayant utilisé des niches fiscales réduisant fortement leur IR barème
  • Non-résidents fiscaux percevant des revenus de source française (sous conditions conventionnelles)

Profils généralement non concernés :

  • Salariés ou professions libérales à TMI 45 % avec peu de niches (taux effectif généralement > 20 %)
  • Retraités avec revenus mixtes : la CEHR et le barème combinés dépassent souvent 20 %

2. Formule de calcul (Art. 224 CGI)

Art. 224 CGI — Formule officielle

Étape 1 — Impôt plancher théorique : Plancher = RFR × 20 %

Étape 2 — Décote (Art. 224 CGI) : Si RFR ≤ 1,32 × S (soit 330 000 € pour un célibataire, 660 000 € pour un couple), le plancher de 20 % × RFR est diminué de la différence, lorsqu'elle est positive, entre ce montant et 82,5 % × (RFR − S). Autrement dit, dans la zone de décote : Plancher effectif = min(20 % × RFR ; 82,5 % × (RFR − S))

Étape 3 — CDHR due : CDHR = max(0, Plancher effectif − impôts retenus)

Où S = seuil applicable (250 000 € ou 500 000 €) et les impôts retenus = IR (y compris l'imposition forfaitaire au PFU 12,8 %) + CEHR, le tout majoré forfaitairement de 1 500 € par personne à charge et de 12 500 € pour les contribuables soumis à imposition commune.

3. La décote — éviter l'effet de seuil

Zone de décote

Célibataire : décote entre 250 000 € et 330 000 € de RFR (= 1,32 × 250 000) Couple : décote entre 500 000 € et 660 000 € de RFR (= 1,32 × 500 000)

Dans cette zone, le plancher effectif est limité à 82,5 % × (RFR − seuil). Au-delà (RFR > 330 000 € / 660 000 €), la décote disparaît et le plancher est intégralement de 20 % × RFR.

RFRPlancher effectifImpôts retenus (15 %)CDHR dueTaux effectif final
260 000 €8 250 €39 000 €0 €15 %
300 000 €41 250 €45 000 €0 €15 %
320 000 €57 750 €48 000 €9 750 €18,0 %
330 000 €66 000 €49 500 €16 500 €20 %
500 000 €100 000 €75 000 €25 000 €20 %
Célibataire sans personne à charge — taux effectif existant 15 % — exemples de CDHR

4. Ce qui entre dans les "impôts retenus"

Piège courant — Réductions IR et CDHR

Exemple : célibataire sans personne à charge, RFR = 400 000 €, IR barème brut = 150 000 €, réduction Pinel = 40 000 €. IR net payé = 110 000 €. - RFR > 330 000 € → pas de décote : plancher = 400 000 × 20 % = 80 000 € - CDHR = max(0, 80 000 − 110 000) = 0 € (taux effectif payé = 27,5 %, bien au-dessus de 20 %)

Si vous avez utilisé 100 000 € de niches ramenant l'IR payé à 30 000 € : - CDHR = max(0, 80 000 − 30 000) = 50 000 € → le taux effectif remonte mécaniquement à 20 %

5. Stratégies face à la CDHR

Leviers sur le RFR

1. Versements PER déductibles — réduisent directement le RFR (plafond 10 % des revenus, max 37 680 € pour les versements 2026 — PASS 2025 = 47 100 € règle N-1, art. 163 quatervicies CGI). ⚠️ Non-déductibles après 70 ans depuis LF 2026.

2. Déficit foncier — déficits sur régime réel foncier imputables sur le RFR dans la limite de 10 700 €/an (double pour logements DPE F/G rénovés : 21 400 €).

3. Revenus de cession étalés — reporter des plus-values importantes à une année où le RFR est naturellement plus bas.

4. Holding IS — les dividendes laissés dans la holding ne remontent pas dans le RFR du dirigeant. Arbitrage entre distribution et thésaurisation à simuler avec le conseil patrimonial.

5. Assurance-vie — les gains restant dans le contrat (non rachetés) ne s'intègrent pas au RFR.

Ce qui ne réduit PAS la CDHR

- Réductions IR (Sofica, FCPI, dons 75 %, Pinel résiduel) : elles réduisent l'IR payé mais pas le RFR → D peut augmenter en miroir - CEHR : elle est déjà comptée dans les impôts retenus - Crédit impôt pour services à la personne, garde d'enfants : impact IR uniquement

6. Interactions avec la CEHR, le PFU et la clause de sortie

Chronologie de la mesure

Février 2025 : introduction par l'art. 10 de la LFI 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025). Premier exercice d'imposition : revenus 2025 (1er acompte entre le 1er et le 15 décembre 2025, régularisation été 2026).

Février 2026 : reconduction par l'art. 103 de la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) sur les revenus 2026, avec clause d'extinction automatique si déficit public < 3 % du PIB.

Mai 2026 : première déclaration avec la CDHR pour les revenus 2025.

Stratégies d'optimisation

Débutant
Intermédiaire
Avancé

Simuler PFU vs barème en tenant compte de la CDHR

Avancé

Le choix du barème (case 2OP) modifie les impôts retenus ET le RFR. Simuler les deux options incluant la CDHR pour trouver l'optimum réel.

Jusqu'à 5-15 % de CDHR selon le profil

Étapes :

  1. 1Calculer IR barème + CEHR + PFU sans option 2OP
  2. 2Calculer IR barème + CEHR avec option 2OP (abattement 40 % dividendes)
  3. 3Calculer la CDHR dans les deux cas
  4. 4Comparer le coût fiscal total

Versements PER pour ramener le RFR sous le seuil

Intermédiaire

Si votre RFR est modérément au-dessus du seuil (250 000-280 000 € célibataire), des versements PER déductibles peuvent le ramener sous 250 000 € et annuler la CDHR.

Économie CDHR totale si RFR < seuil

Étapes :

  1. 1Calculer l'écart entre votre RFR et le seuil applicable
  2. 2Vérifier votre disponible PER déductible (case 6QS de votre avis d'imposition)
  3. 3Verser l'écart + marge sur un PER individuel avant le 31 décembre

Non déductible après 70 ans (LF 2026). Vérifier la cohérence avec le besoin de liquidité.

Thésaurisation dans la holding IS

Avancé

Les dividendes non remontés de la filiale vers le dirigeant n'entrent pas dans le RFR. La holding IS permet de différer l'imposition.

Report indéfini de la CDHR sur les bénéfices non distribués

La distribution future restera soumise à la CDHR si elle est encore en vigueur. Stratégie de report, pas d'exonération.

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