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Crypto : staking, minage et autres revenus d’activité

Les gains tirés d’une activité crypto — staking, lending, airdrops, minage, play-to-earn — ne sont pas des plus-values de cession : ce sont des revenus d’activité, imposés le plus souvent en bénéfices non commerciaux (BNC), parfois en bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Comment distinguer le bon régime, à quel moment l’imposition se déclenche, et où déclarer selon que l’on relève du micro ou du réel. Les mécanismes et la qualification des régimes, sans les chiffres — qui vivent dans les simulateurs et les sources officielles.

Données vérifiées au 19 juin 2026
Fiscalité 2026Art. 92 CGI (bénéfices non commerciaux — minage, staking, lending, airdrops le plus souvent)Art. 34 CGI (bénéfices industriels et commerciaux — achat-revente habituel, minage industriel)Art. 150 VH bis CGI (plus-values des particuliers — frontière avec les revenus d’activité)+5

Détenir des crypto-actifs peut générer deux types de gains de nature fiscale très différente. Le premier, le plus connu, est la plus-value de cession : on achète un actif numérique, sa valeur monte, et l'on est imposé lorsqu'on le revend contre des euros (régime de l'article 150 VH bis du CGI, traité dans un guide dédié).

Le second, abordé ici, est le revenu d'activité : des cryptos reçues en contrepartie d'une activité — récompenses de staking, intérêts de lending, jetons distribués par airdrop, cryptos créées par le minage, gains de jeux play-to-earn. Ces gains-là ne sont pas des plus-values : ils relèvent d'une catégorie de revenus distincte.

La distinction est structurante. Une plus-value naît d'une cession (on sort d'une position) ; un revenu d'activité naît d'une perception (on reçoit un actif neuf, valorisé en euros au jour de sa disponibilité).

Selon la nature de l'activité, ces revenus relèvent le plus souvent des bénéfices non commerciaux (BNC) — pour le staking, le lending, les airdrops et, en principe, le minage — ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) — typiquement lorsqu'une activité d'achat-revente est exercée à titre habituel et professionnel, ou lorsqu'un minage prend une dimension industrielle.

Identifier la bonne catégorie est le point critique : elle commande le régime d'imposition, les obligations déclaratives et, le cas échéant, les cotisations sociales.

Ce guide décrit les régimes (BNC, BIC), le fait générateur propre aux revenus d'activité (la perception, pas la cession), la frontière avec le régime des plus-values des particuliers et les annexes déclaratives selon que l'on relève du micro ou du réel. fr, BOFiP).

La cession ultérieure des cryptos ainsi perçues relève, elle, du régime des plus-values : voir le guide Fiscalité des cessions de crypto-actifs.

Staking, lending, airdrops : des revenus BNC

Recevoir, ce n’est pas vendre

Le staking et le lending sont imposés en BNC dès la perception, à la valeur en euros du jour où l’actif devient disponible — même si vous ne l’avez pas vendu. C’est l’inverse d’une plus-value, qui ne se déclenche qu’à la sortie vers une monnaie ayant cours légal.

Pour les airdrops, il faut distinguer : un airdrop reçu en contrepartie d’une action est imposé à la perception en BNC ; un airdrop reçu de façon entièrement passive, sans aucune contrepartie, n’est en principe pas imposé à la perception (acquisition à titre gratuit, taxée seulement à la cession).

Notez la valeur de chaque récompense au jour où vous la recevez pour sécuriser la base imposable. Attention : cette valeur n’est pas garantie comme prix d’acquisition à la cession — la doctrine peut retenir un prix d’acquisition nul pour les actifs reçus gratuitement, d’où un risque de double imposition économique (voir le corps de l’article).

Le minage : en principe BNC, BIC à l’échelle industrielle

Minage = BNC par défaut, pas BIC d’office

Contre une idée répandue, le minage d’un particulier relève en principe des BNC (art. 92 CGI), et non automatiquement des BIC. La requalification en BIC (art. 34 CGI) est réservée aux situations où le minage prend une dimension véritablement industrielle ou professionnelle (ferme de minage, matériel dédié, moyens importants).

La bonne catégorie dépend des circonstances de fait : ne présumez pas le BIC sans analyse.

L’achat-revente à titre habituel

Habituel et professionnel ⇒ BIC, pas plus-values

Le régime des plus-values des particuliers (art. 150 VH bis) ne vaut que pour une gestion occasionnelle de patrimoine privé. Une activité d’achat-revente habituelle, outillée et organisée comme une profession bascule en BIC (art. 34) — avec un calcul du résultat et des obligations différents, et un possible assujettissement aux cotisations sociales.

La qualification dépend d’un faisceau d’indices (fréquence, moyens, organisation, sophistication), pas d’un seuil unique.

Déclarer selon le régime

La bonne annexe dépend du couple catégorie × régime

Micro : tout passe par la 2042 C PRO (l’abattement est appliqué d’office). Réel BNC : déclaration 2035 (déclaration contrôlée). Réel BIC : déclaration 2031. Et attention à ne pas confondre : ces revenus d’activité ne se déclarent pas sur l’annexe 2086, qui est réservée aux plus-values de cession d’actifs numériques.

Identifiez d’abord la catégorie (BNC/BIC), puis le régime (micro/réel) : c’est ce couple qui détermine le formulaire.

Stratégies d'optimisation

Débutant
Intermédiaire
Avancé

Valoriser chaque récompense au jour de sa perception

Débutant

Pour le staking, le lending, les airdrops et le minage, la base imposable est la valeur en euros de l’actif reçu au jour où il devient disponible. Tenir un relevé daté de chaque perception (valeur en euros au cours du jour) sécurise la base imposable du revenu d’activité (BNC) et la traçabilité en cas de contrôle. En revanche, la doctrine (BOI-RPPM-PVBMC-30-20 §70 ; CGI art. 150 VH bis III-B) ne définit le prix d’acquisition du portefeuille que par les prix payés en monnaie légale et la valeur des biens/services remis en contrepartie : rien ne garantit que la valeur déjà imposée en BNC sera retenue comme prix d’acquisition à la cession — pour des actifs reçus gratuitement, ce prix peut être nul, d’où un risque de double imposition économique. En cas d’enjeu, faites valider la qualification.

Choisir entre micro et réel selon le poids des charges

Intermédiaire

Le régime micro applique un abattement forfaitaire représentatif des charges, sans comptabilité détaillée ; le régime réel permet de déduire les charges effectives. Pour une activité chargée comme le minage (matériel, électricité, maintenance), le réel peut s’avérer plus favorable que l’abattement forfaitaire. Comparez les deux voies via les simulateurs de l’application en fonction du régime applicable et des seuils en vigueur.

Le choix du régime, comme la catégorie BNC/BIC, dépend des circonstances de fait et des seuils en vigueur : vérifiez votre situation et, en cas d’enjeu, faites valider la qualification.

Qualifier l’activité avant de calculer

Avancé

La première décision n’est pas un montant, c’est une catégorie : revenu d’activité (BNC, ou BIC) ou plus-value de cession (150 VH bis). Une activité d’achat-revente intense, outillée et organisée peut basculer en BIC, avec un calcul du résultat et des cotisations sociales très différents. Trancher la nature de l’activité en amont — au besoin avec un avis personnalisé — évite une requalification ultérieure coûteuse.

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